Movie Potpourri (mais pas pourri)

Après avoir voulu éviter ce type d’article à tout prix, surtout parce qu’on est en plein coeur brûlant de la saison cinématographique et que chaque film (ou presque) mérite un développement (que je n’ai plus fait depuis bien trop longtemps d’ailleurs), je dois me résoudre à ça. Et ça me détruit les doigts de devoir m’y abaisser. Voici donc quelques lignes réduites sur les films que j’ai vus… en novembre-décembre.

Up In The Air - J’en parlerai dans un autre article, mais il s’agit là peut-être du futur vainqueur de l’Oscar du Meilleur Film. Un film qui pourtant, à première vue, n’a rien d’extraordinaire, tout comme Michael Clayton en son temps, par exemple. Et comme pour Michael Clayton, on est en droit de se demander comment Up In The Air peut avoir l’étoffe d’un film oscarisable pour la plus prestigieuse des statuettes… Symbole de la séparation qui existe parfois entre critiques et public. Pourtant, je reste très positif, j’ai beaucoup aimé ce film, vraiment! Tu t’identifies très facilement, les seconds-rôles féminins sont d’une efficacité très stylisée (Vera Farmiga et Anna Kendrick seront nominées à l’Oscar, prenez-moi au mot), George Clooney parfait dans son rôle (mais arrêtez de le porter aux nues: il fait un excellent boulot, mais son rôle n’a pas évolué depuis le début de sa carrière), une super bande-originale, et surtout, peut-être le scénario de l’année! Magnifiquement bien écrit, c’est lui qui donne le rythme si charmant d’Up In The Air. Très bon film, mais vraiment pas celui qu’on peut considérer comme notre favori.

Brothers – L’élément attractif principal de ce film c’est évidemment son cast: les excellents Jake Gyllenhaal, Natalie Portman, et Tobey Maguire. J’attendais pas mal de ce film, mais quand on sort de la salle on ne peut s’empêcher d’être déçu… Malheureusement rien d’extraordinaire à retenir, mis à part un Tobey Maguire comme vous ne l’avez jamais vu (muhahaha je l’ai « vu » moi, il y a 3 mois! ^^), et qui détient la performance de sa carrière, fabuleux. Peut-être une nomination à la clé. Ce qui faisait la particularité de ce film de guerre, c’est qu’il traitait de l’aspect psychologique de celle-ci, et ce sans jamais montrer d’image de guerre, justement. Mais on ne va jamais jusqu’au bout, c’est bien trop pauvre comme développement, et l’émotion recherchée dans chaque plan plombe l’effet. La seule partie du film digne d’être analysée est la superbe dernière partie, tellement intense…

Avatar - A la sortie, j’aurais dû me lancer dans l’écriture d’un article, car j’étais prêt à écrire un roman. Evidemment le grand événement de cette année (de ces dernières années?), lancement en fanfare, développement sur 12 ans, technologie révolutionnaire, et chiffres ahurissants. Ce film-hybride, à deux doigts de devenir le plus grand film de tous les temps (en termes de recettes), est certainement, et je presse mes mots, la plus grande expérience cinématographique qu’il nous ait jamais été donné de voir. J’ai été bluffé! Trois heures d’extase, et en 3D! Mais je ne peux pas oublier de me placer du point de vue de l’acteur, et de déplorer l’avenir du cinéma, technologisé – Avatar est composé de 100% de fonds verts, et 80% d’images de synthèse. Une longue critique aurait sa place ici. Pour régler le tout, il faut souligner que les chiffres et faits ne doivent pas tromper: il ne s’agit là absolument pas du meilleur film de tous les temps, et l’extraordinaire voyage des yeux ne doit pas faire oublier un scénario et un fond extrêmement faible, malgré les efforts du technologique James Cameron. Un grand mix de déjà-vu, entre Jurassic Park et Pocahontas, qui a quand même le mérite d’approcher plusieurs sujets brûlants.

This Is It – Pour ceux qui aiment la musique du King Of Pop, un petit moment de plaisir. Le pire c’est qu’il avait pas l’air si mal en point que ça (même si, ok, jamais on ne nous l’aurait montré en légume), et que ce fou génie est toujours aussi excellent chanteur que danseur! J’aime j’aime j’aime.

The Lovely Bones - Le gros flop/déception de l’année, incroyable! Le grand nouveau projet de Peter Jackson, duquel on attendait tellement, a pris l’eau. Et c’est bien dommage, tellement l’adaptation de ce livre était attendue! Un film assez détestable je trouve, dans le sens où il veut nous faire croire qu’il est ce qu’il n’est pas. Un mélange entre le fantastique et le réel qui ne marche vraiment pas, une durée beaucoup trop longue qui crée de grands moments inutiles d’ennui, même le scénario ne fait pas honneur à un roman qui est apparemment magnifique! Disons que j’ai l’impression d’avoir raté quelque chose, des liens ou des symboles, c’est très confus… mais involontairement confus. Mal construit. Les mauvaises critiques l’éradiquent de la liste des Oscars sur laquelle il semblait pourtant si présent. Il ne faut pas pour autant en faire un déchet à jeter, puisque les points positifs résident en la cinématographie assez belle (presque trop), une bande-originale parmi les meilleures de l’année, et un Stanley Tucci qu’il faudra bien finir par récompenser un jour, tellement il nous montre des choses excellentes! Le grand méchant de l’année ^^

The September Issue – Un documentaire hyper excitant plongé au coeur du monde de Vogue, pour décortiquer la pas si affreuse que ça Anna Wintour! Très prenant, vraiment chouette. Comme un reportage de Capital ou Secret d’Actualité sur M6 haha!

A Crazy Heart – La seule raison (très pertinente) pour laquelle je suis allé voir (en projection gratuite haha!) ce petit film indépendant qui ne paraît pas très attractif, c’est pour son acteur principal, Jeff Bridges, qui, à ce stade-là de la compétition, a de très fortes chances de remporter la statuette du Meilleur Acteur. Il est très bon, oui, j’ai pas forcément envie d’en faire le meilleur acteur de l’année, et je pense que c’est parce que le film dans son ensemble ne crée pas une ambiance très excitante… On ne garde pas grand chose en tête! A part la sublime et encore pas assez reconnue Maggie Gyllenhaal.

Ice Age 3 – Haha vu dans l’avion, il est temps d’arrêter la franchise!

Public Enemies – Je comprends les réticences des gens vis-à-vis de ce film longuet et pas aussi excitant qu’il aurait pu l’être – problème de scénario! Malgré tout, il vaut le détour pour ses acteurs, et en première ligne  le toujours génial Johnny Depp, et notre merveille Marion Cotillard, pour son premier rôle dans un film américain… Elle a beaucoup plu au critiques, tout comme dans Nine, et c’est un excellent signe! Même si cette double réussite risque de tuer ses chances aux Oscars

Where The Wild Things Are – Un film qui a suscité beaucoup d’intérêt à sa sortie, surtout dû au fait qu’il s’agit de la première adaptation de l’un des chefs-d’oeuvre de la littérature pour enfants (qui date de 1963). Pas mal de discussions à son sujet, critiques divisées! J’ai beaucoup aimé, mais j’aurais pu encore plus aimer lol… Une très belle façon de représenter l’imaginaire de l’enfance tout en restant dans une sorte de réalité, beaucoup d’éléments qui portent un sens, c’est pas mal réfléchi! Mais les choix qui ont dû être faits et qui ont été faits par Spike Jones se sont révélés un poil faiblards, dans le sens où on perd une part de réflexion et que le symbolisme n’aboutit à pas grand chose de plus que du joli-joli toutefois bien rythmé… D’autres chemins aurait été préférables et encore plus originaux, pour atteindre quelque chose de plus adulte, ou à double lecture. Un excellent petit acteur aussi, tout comme la bande-originale délirante, créée par Karen O des Yeah Yeah Yeahs!

Cranford

vlcsnap-1590215-2L’été, télévisuellement parlant, c’est plus ou moins mort. Les séries habituelles sont en vacances, et laissent place à quelques rares séries estivales, telles que Weeds ou Entourage. Cette année c’était censé être un peu différent pour moi, puisque je devais profiter de ces quelques mois pour rattraper toutes les séries que j’avais choisies de laisser tomber en début d’année scolaire, faut de temps! Heroes, Grey’s Anatomy, C.S.I, E.R., etc. Et au lieu de ça… J’en ai commencé une autre.

Ouiiiii oh ça va hein, j’ai de quoi me défendre! C’est pas vraiment une série, mais plutôt une suite de téléfilms (5), à la façon de l’excellentissime John Adams et ses 7 épisodes. Et justement… Cranford était le concurrent de John Adams. Oui parce que je fais dans le recyclage, quand j’ai très envie de commencer une nouvelle série, ben parfois ça se fait un an plus tard! Donc Cranford était diffusé à peu près à la même époque que John Adams (y’a un peu moins d’un an donc), sauf que c’est John Adams qui a raflé aisément tous les prix cranford_396x222possibles et imaginables pour un téléfilm/mini-série, des Emmys aux Golden Globes. Et c’est amplement mérité.

Maman que j’aime ça, me plonger dans une nouvelle série! J’adore Cranford. L’histoire se situe dans les années 1840, dans un minuscule village du fin fond de la région de Manchester. Qu’est-ce qu’il s’y passe? Ben rien d’absolument transcendant, en fait; on suit les histoires entremêlées des habitants du village, principalement des veuves et vieilles filles, ainsi que l’histoire du village lui-même, Cranford. Je sais, ça a pas l’air passionnant comme ça, et pourtant ça l’est! Pourquoi? A 95% à cause du casting à tomber parterre, raison première de mon intérêt pour cette mini-série: Judi Dench, Eileen Atkins, Imelda Staunton, Michael Gambon, Simon Woods, Francesca Annis – c’est juste ENORME! Et mon dieu qu’ils sont tous parfaits, évidemment, Judi Dench la première. A chaque fois que je la vois dans un rôle je me demande combien d’autres aussi bon que celui-ci elle nous offrira encore. J’aime cette femme! Des acteurs impressionnants qui font oublier le cranford460reste, puisque Cranford manquerait très certainement de vrai piquant sans un casting aussi excellent. La sous-couche réflexive n’est pas bien épaisse.

Comme dit, ce que l’on nous raconte n’est pas transcendant: ça reste de l’ordre du « banal », dans le sens où ça n’est pas une histoire qui a un intérêt pour l’Histoire, celle-ci étant reléguée à l’arrière-plan. C’est peut-être ça qui manque un peu d’ailleurs, et qui rend, par contraste, John Adams si merveilleux (j’en garde encore un souvenir très très fort, c’est une suite de téléfilms qui m’a beaucoup marqué, et qui m’a surtout beaucoup appris sur l’histoire des Etats-Unis). Il y a même, ponctuellement, des scènes plutôt surprenantes avec des plans ratés ou pas du tout travaillés, comme s’ils avaient été oubliés! C’est assez flagrant et ça m’a un peu déçu, m’enfin ça reste minime quand même. L’image est magnifique, l’ambiance est très bien rendue, le scénario fluide et de plus en plus accrocheur, et l’ensemble est finalement bien comique! On rit de ce qu’on voit, du décalage entre modernisme et conservateurisme, trop bon!! Merci Imelda Staunton ^^

Un ensemble qui fait que ça marche sans problème! « Small absurdities, and major tragedies », comme dit BBC.

Harry Potter And The Half-Blood Prince

Vos yeux brûlent! Première vraie review sur MeNab.com presque 3 mois !! Oui je sais, ça me fait mal aux fesses à moi aussi. Pendant tout ce temps, j’ai dû voir une bonne dizaine de films (surtout avec 2x 26h d’avion), si bien que je ne me rappelle même pas lesquels j’ai visionné… et que je n’ai pas fait, ni ne ferai d’article dessus. Horrible, et historique! Je m’étais toujours juré d’écrire sur MeNab.com au moins une ligne (même assassine) sur chaque film qui passerait devant mes yeux. Mais je me console en me disant que si un des films que j’ai vu ces derniers mois m’avait marqué à l’os, j’aurais trouvé un moyen d’en parler.

Le plus amusant dans tout ça… c’est que ce qui va suivre ne va peut-être même pas ressembler à une vraie review.

Harry Potter le film, 6e du nom: mais où est passée J.K. Rowling ?!

photo_85_hires-1Voilà le titre que j’aurais aimé mettre! Oui parce qu’à tous points de vue, Harry Potter And The Half-Blood Prince est décevant, et on se demande s’il n’a pas été fait dans le dos de J.K. Rowling, pendant qu’ils l’ont occupé avec une séance de dédicace, ou une cérémonie officielle à Buckingham Palace. Ils avaient donc raison, tous ces gens déçus à la première du film…

Le point positif, c’est que dès les premières minutes du film, une sorte d’excitation apparaît, et vous vous replongez forcément dans cette période où vous étiez en train de lire le livre, le visage plein de boutons d’acné. Haha! Nan mais c’est vrai, l’atmosphère est très bien rendue, et tout film de la saga fait instantanément resurgir ces bons souvenirs de plongée dans l’univers pottérien… On retrouve les mêmes sensations, le suspense qu’on ressentait, l’envie de voir plus… Excitant, disais-je! Ça va de pair avec le côté visuel du film: on ne peut rien reprocher à David Yates qui fait un travail remarquable pour nous en mettre plein la vue, notamment dans les premières 15mn – une belle direction qui n’est pas étonnante, aucun des films Harry Potter ne nous avait déçu sur ce plan-là, au contraire!

19136947_w434_h_q80Mais à côté de ça, plouf. En fait, ce qui a provoqué ma déception, c’est que pendant les 2h30 de film (et j’avoue ne pas les avoir vraiment vu passer, ok), j’étais toujours dans l’attente de ce moment où ça « décollerait »; vous savez, cet endroit du film où tout s’emporte à toute allure, jusqu’à la fin magistrale. Je parle de fin magistrale, parce que s’il y en a bien une parmi tous les livres, c’est bien celle du tome 6! Tout le monde, même les plus insensibles d’entre nous, a pleuré au moment de la mort du grand manitou Dumbledore. Un passage mythique dans la série littéraire qui n’a pas su être retransmise avec la même puissance dans le film… oh non. Et où est passée la suite? Et le grand enterrement?

Et d’ailleurs, on pourrait continuer la liste des « où est passé…? » sur des kilomètres pour Harry Potter And The Half-Blood Prince, tant des éléments manquent à cet opus! Et ce n’est pas une critique dans le vent, je sais bien que c’est archi dur de réduire un bouquin de 700 pages bien denses en un scénario pour un film de 2h30 (+ la pression de l’attente par derrière); 19101679_w434_h_q80ça a toujours été le problème pour les Harry Potter, comme ça l’a été pour le Seigneur des Anneaux par exemple (et là, pour le coup, ce travail de translation médiatique - purée quelle belle expression, je viens de l’inventer, et j’en suis fier !! – est ultra réussi!). Mais si déjà il y a tellement de choses à insérer dans le film, n’en faisons pas une comédie romantique !! Incroyable! Une pétée d’éléments super importants pour la construction de l’histoire (et je parle pas de l’histoire au niveau du livre, mais au niveau de la saga entière) manquent cruellement, dont un développement du passé de Voldemort, lié à l’importance des Horcrux, limite banalisés ici (si ce n’est pour le « Harryyyyyy, il faut que tu me rapportes ce souvenir, c’est super important!! », après lequel Harry s’en va embrasser Ginny). A leur place, une multitude de scènes et d’éléments cuculs, mais du genre Les Feux de l’Amour quoi!! C’est aberrant! Tout tourne autour d’Harry & Ginny, et Ron & Hermione (chiante, la gamine). Du coup, parce qu’on insère autant des choses qui font 10 lignes dans le bouquin, rien 19136921_w434_h_q80ne fonctionne, et la beauté de l’image n’a plus d’effet: pas de continuité, on n’a pas l’impression d’avoir vécu un an à Poudlard, et on croit ne rien avoir vu à part un match de Quidditch, trois bisous, six pleurs, et un Horcrux. Même les acteurs en deviennent agaçants! Peut-être aussi que c’est un film trop comique pour l’enjeu de la chose. Harry Potter And The Half-Blood Prince est quand même censé être une introduction à la conclusion qu’incarne le tome 7! Là, ça donne l’effet de 2h30 de pubs et d’extraits. Un beau divertissement qui nous laisse cruellement sur notre faim.

C’est assez énervant… Je ne sais pas si c’est motivé par l’idée que je m’en suis fait à la sortie de la salle de ciné, mais j’ai l’impression que ce 6e Harry Potter a bouclé trop très rapidement: Harry Potter and the Order of the Phoenix est sorti à l’hiver 2007, et la première date de sortie d’Harry Potter And The Half-Blood Prince avant qu’elle ne soit repoussée (pour des raisons commerciales) était… l’hiver 2008. Une toute petite année de production et autres. Enfin peut-être qu’il faut attendre de voir la suite, un Harry Potter & The Deathly Hallows qui, contrairement à l’usage jusqu’alors, va être composé de deux films (2010 et 2011), avec David Yates toujours aux commandes. Peut-être qu’on ne nous a pas tout dit dans le 6, pour mieux remplir le 7 et 7bis?

United States Of Tara

united_states_of_tara_title-1J’aurai mis une plombe à pondre cet article. Un post qui devait être, à la base, ultra enthousiaste, encore tout chaud! Le but étant de vous présenter rapidement (si c’est pas déjà fait) l’excellente petite perle de la chaîne Showtime, dont la première saison qui a enchanté mes yeux et ravi les critiques s’est achevée il y a deux semaines: United States Of Tara.

Pour ajouter une 15e série à la liste de celles que je suis hebdomadairement tout au long de l’année, il en fallait, des arguments. Le premier, infaillible à lui tout seul: Showtime. Showtime, c’est un peu comme HBO, c’est le type de chaînes du câble américain dont Canal + s’est inspiré à sa création; et autant vous dire que ma vénérée Canal + est bien faiblarde à côté de ses soeurs américaines… Showtime et HBO, c’est d’abord le cinéma au coeur de la programmation. Mais comme ce sont des chaînes du câble et qu’elles sont américaines, elles ont à leur disposition deux ingrédients incontournables: liberté, et pognon. Ajoutez à cela la concurrence entre les deux chaînes, et vous comprendrez pourquoi elles sont à l’origine de quelques-unes des meilleures séries (les plus controversées et les plus réputées) sur le marché… Dexter, Weeds, The Tudors, Stargate, The L Word, Californication, Deadwood, The Sopranos, Sex & The City, Angels In America, Six Feet Under, The Wire, Entourage, Big Love, Rome, ou encore la suite de téléfilms John Adams. Magistral!

Bon, cela étant dit, les autres arguments que propose United States Of Tara sont tout aussi infaillibles les uns que les autres, chacun séparément. Ecoutez seulement: Steven Spielberg en producteur exécutif, Diablo Cody (la folle scénariste oscarisée pour Juno et qui, depuis, est sur tous les fronts)United States of Tara on Showtime en scénariste, créatrice et productrice, et Toni Colette qui joue 4 rôles à la fois (ou 5… ) !! Voilà ce sur quoi se basait l’immense buzz autour de la série avant son lancement en janvier dernier. L’histoire d’une mère de famille qui doit faire face à un trouble dissociatif de l’identité: elle doit jongler entre sa famille et ses multiples personnalités qui se manifestent.

Et le résultat est succulent! C’est une série hors-normes, c’est clair qu’on ne pourrait la voir ailleurs que sur HBO ou Showtime. Un style décalé, sans tous les carcans d’une série « normale », même pas besoin de musique de fond. Tout est basé sur les scénarios excellemment écrits, une histoire qui se développe peu à peu sans tomber dans des travers tellement évidents. Très sérieux, très drôle, on en apprend beaucoup parce que c’est intelligent, et le format inhabituel (30mn) permet à la fois de développer l’intrigue tout en ménageant un peu de suspence quant à la suite, 01873242-photo-toni-collette-dans-united-states-of-tara-1alors que l’on pourrait croire de prime abord que ça avance très lentement. Même les intrigues « externes » des enfants, ou de la belle-soeur ne sont jamais là pour rien, c’est excellent! Casting magnifique, vous ai-je dit que la belle-soeur en question était interprétée par la très en vogue Rosemarie DeWitt (Rachel Getting Married) ? Juste parfaite. C’est d’ailleurs rare de voir des séries comme ça avec deux actrices habituellement de cinéma s’engager dans un tel projet… Et bien sûr, Toni Colette, admirable, à tomber parterre, elle interprète ce multiple rôle tellement difficile sans être stéréotypée! Préparez-vous à la moisson de prix lorsque la saison sera ouverte…

United States Of Tara (et quel nom! et quel générique!), une mini-série (12 épisodes) qui cartonne (record battu pour le lancement d’une série sur Showtime), déjà renouvelée pour une nouvelle saison et bientôt diffusée sur Canal +.

P.S.: mon petit doigt me dit que je suis en train de suivre une 16e série…

Wendy And Lucy

19064515_w434_h_q80Ça fait maintenant trop de temps que j’ai vu Wendy And Lucy pour pouvoir en faire une review détaillée. Je voulais quand même que ça ne passe pas à la trappe et vous encourager à aller voir ce tout petit film d’1h15 qui est en ce moment sur quelques rares écrans français!

On en a trop peu parlé, et il est resté dans les bas-fonds du cercle du cinéma. Pourtant, c’est l’illustration parfaite du « grand petit film »! Plus low budget tu peux pas, Wendy And Lucy c’est l’histoire d’un type de précarité, filmé avec la sincérité que seuls les films indépendants peuvent garantir. Mise en scène épurée (mais réalisation pas forcément irréprochable), aucune musique, peu d’événements, mais tout ça est d’un éclat assez violent. Un beau regard sur une femme aussi, et bien sûr le point fort du film, c’est Michelle Williams! Qu’est-ce qu’on l’adore dans tous ces petits rôles qu’elle accepte par-ci par-là, elle prend toujours le risque de la simplicité et de l’humilité. Elle en est bouleversante dans ce road-movie, brutale dans sa fragilité, c’est vraiment l’image de l’actrice à l’opposé du star system, qui sait se préserver en enchaînant les mini-rôles. Elle avait un temps été sérieusement pressentie pour l’Oscar

Un très beau moment de cinéma, courez-y!

Synecdoche, New York

19074146_w434_h_q80-1Je vous préviens, je vais avoir énormément de mal à parler de ce film. Ce doit être le plus complexe, aberrant, fou, drôle, intellectualisé, décevant, réjouissant et expérimental que j’aie jamais vu. Bien sûr, il restera pour tous un gros raté, ok, mais quel beau et courageux raté!

Wow wow wow… Synecdoche, New York (présenté à Cannes l’an dernier) est le premier film en tant que réalisateur du très grand scénariste Charlie Kauffman, et si vous avez vu ce film, vous ne serez pas étonnés d’apprendre que Kauffman a beaucoup travaillé avec Michel Gondry, et a reçu l’Oscar du Meilleur Scénario pour Eternal Sunshine Of The Spotless Mind. Et avec ça en tête, on comprend mieux l’absurde logique onirique de Synecdoche, New York! Il fait partie de ces films et de ces oeuvres que certains qualifient de géniaux (au sens premier du mot génial) et d’autres de grosses merdes prétentieuses. Et c’est clair qu’il est un peu entre deux! Fascinant.

19074155_w434_h_q80-2Impossible de parler de ce film sous la forme habituelle, tout simplement parce que ce serait comme essayer, pour une bassine remplie d’eau, de boucher les multiples trous qui ne cessent de se former. L’eau s’échappe trop vite, comme ce film à tiroirs. En gros, on peut dire qu’il s’agit d’une superbe introspection dans l’esprit d’un artiste, ou plutôt d’un homme (parce que le fait de mentionner son statut d’artiste peut mener à de fausses interprétations sur le potentiel cucul du film) rongé par son existence de directeur de théâtre miteux, ballotté entre les femmes de sa vie, et qui fait face à la maladie; même la maladie est symbolique dans ce film, jamais on ne nous dira clairement ce que ça, jamais 18939704_w434_h_q80-1elle ne prendra le dessus dans l’histoire. Rien ne prend le dessus d’ailleurs, ça forme une espèce de masse hétéroclite qui perd le spectateur en route, ne sachant plus où tourner la tête ni que croire. Et évidemment, tout est synecdoque… d’où le travail titanesque de réflexion et d’interprétation à faire. D’où une review impossible à écrire.

Ce n’est clairement pas accessible à tous, et c’est bien la raison pour laquelle on traite ce film de pseudo-intellectuel, de pompeux et prétentieux. Alors oui, c’est vrai que je ne pense pas avoir compris ne serait-ce que 60% des recoins de Synecdoche, New York, mais même si c’est pas vraiment une réussite, j’ai envie d’applaudir le projet de Kauffman! C’est plus du traitement d’un film que d’un film lui-même dont on peut parler ici. Un grand cycle apocalyptique, un nuage d’idées qui s’entrechoquent, des mises-en-abîme de mises-en-abîme, oui, ça te donne mal à la tête. Mais c’est tellement 19074158_w434_h_q80agréable et intéressant de plonger dans l’exploration d’un esprit par des chemins différents de ce que l’on voit d’habitude avec un « cet événement-là a produit ça en moi » etc… Ça m’a toujours fasciné cette part-là du cinéma, et j’ai toujours pensé qu’à travers le 7e Art j’aimerais faire en sorte de montrer et illustrer ce qui se passe réellement, les mécanismes de l’esprit, les interactions, de la façon la plus honnête et fidèle possible, par des voies originales. Et Kauffman, de sa collaboration avec Gondry jusqu’à Synecdoche, New York, s’est clairement attaché à ça.

Last but not least (comme disent en France les profs d’anglais qui se croient super bons), je voulais aussi crier mon amour pour le casting magnifique, qui a la particularité de réunir des personnes au talent fou mais « secondaire » dans l’esprit de la populace mondiale. Philip Seymour Hoffman, l’un des meilleurs acteurs de ce monde et il le prouve encore une fois ici; malgré ça,19074156_w434_h_q80 il reste trop peu connu auprès des gens, même si son Oscar en 2006 pour Capote a un peu accéléré les choses. Catherine Keener, tout aussi merveilleuse et pourtant méconnue, malgré la force de son jeu vu récemment dans Into The Wild, Capote, An American Crime, ou encore The Interpreter. Michelle Williams, extrêmement discrète, ex-Dawson’s Creek (on a du mal à imaginer ça, hein!), elle fait partie de ces actrices fragiles dont on n’ose pas parler et qui poursuit sa très belle carrière… Et enfin Samantha Morton, à mes yeux le cas le plus frustrant du lot: elle est absolument magnifique, elle a un jeu qui lui est propre et qui donne à chaque fois une couleur à la scène dans laquelle elle apparaît (même les quelques minutes de son apparition dans Elizabeth: The Golden Age avait ébloui l’ensemble); et pourtant, malgré tout le respect qu’elle a de la part de la profession, elle n’a pas encore connu le grand rôle principal qui la révélera aux yeux de tous. Donnez-le lui! Et d’autres beaux noms s’ajoutent à la liste, Tom Noonan, Emily Watson, Dianne West

Si vous pouvez, regardez Synecdoche, New York, une belle aventure; et ça sera plus simple si vous le regardez, plutôt que j’essaie de vous en parler…

Watchmen

19049916_w434_h_q80-1L’un des événements de ce début d’année, l’adaptation cinématographique d’un des comic books les plus fanatisants (et pourtant il date des années 80) et réputé… inadaptable. Après Dawn Of The Dead et l’immense succès (absolument pas mérité) de 300, Zack Snyder revient pour relever le défi en présentant une copie qui lui ressemble, encensée par la critique, et qui ne m’a pas convaincu du tout. Paradoxe: j’étais à deux doigts d’adorer.

Watchmen, c’est d’abord visuellement, graphiquement, esthétiquement passionnant. Une couleur et une lumière très travaillée pour rendre au mieux l’atmosphère B.D. de l’oeuvre originale. Juste magnifique! Une autre vision des films de super-héros, évidemment ça n’a rien à voir avec Superman ou Spiderman (je laisse Batman de côté, parce que c’est un peu un cas à part depuis The Dark Knight), on est très loin de là!18972155_w434_h_q80-1 Et je reste très étonné de n’avoir encore lu nulle part de référence au film qui, à mes yeux, a lancé cette esthétique si étrange et novatrice pour le genre: Sin City. La même noirceur, la même peinture bédesque (BD-esque), le même grain de peau presque! Vraiment, ça m’a frappé, et c’est le côté du film qui m’a le plus plu. C’est vraiment dans la beauté de l’image.

Cette nouvelle vision du super-héros va de pair avec une réflexion sur ce type de personnages, et on le ressent dans Watchmen. On n’avait pas encore connu ça, cette face du super-héros après ses heures de gloire, lorsqu’il commence à vieillir. Mais en même temps c’est aussi combiné à une réflexion sur l’Amérique elle-même, voire de tous ces films qui racontent les exploits de héros (qu’ils soient super ou non!) ayant sauvé les 18962386_w434_h_q80-1Etats-Unis! L’histoire se passe dans les années 80, les Watchmen on amené les Etats-Unis à une nette victoire contre le Vietnam, et Nixon a été réélu plusieurs fois de suite (les Watchmen ont aussi facilement réglé l’affaire du Watergate). Pourtant, cette société où les super-héros font partie du quotidien pour l’améliorer (comme c’est généralement le cas dans les films de super-héros) n’est pas le pays de Candy, et c’est là où ça devient vraiment intéressant… La fierté américaine. Qu’est-ce que c’est alors que cette société ultra noire et glauque, si elle est censée avoir été nettoyée de tout le mal? Une belle réflexion sur le Rêve Américain aussi, dans la même lignée… Est-il plus beau lorsqu’on fait tout pour l’atteindre, ou lorsqu’il s’est réalisé? …

Vraiment de super pistes qui 18964677_w434_h_q80réfléchissent sur le genre, et pourtant ça ne fonctionne absolument pas. Dingue! On s’enfonce dans une espèce de masse noire, gluante et lourdasse de 2h40 qui joue avec les nerfs la patience du spectateur du début à la fin. Comme quand t’essaies d’avancer dans une mare boueuse et collante. Bon, j’exagère un peu, mais c’est juste pour vous dire que c’est vraiment dommage de noyer comme ça un matériau avec beaucoup de potentiel dans ce rythme ultra lent, démoralisant, et tellement inutile. 19052146_w434_h_q80-145mn qui ouvrent le film et qui sont hyper confuses, on ne sait pas où on va ni pourquoi on voit ce qu’on voit. Ce n’est qu’après qu’on sent une vague progression logique. Quel scénario! C’est là que se trouve la grosse lourdasse-attitude. De gros discours qui ne servent à rien, toujours au comble du cucul, au moins ça fait rire tellement c’est ridicule! C’est compliqué pour rien, en fait. C’est peut-être le défaut de ce syncrétisme super-héroïque (j’aime bien ma formule) qui ne peut en même temps faire un retour en arrière pour repenser le genre et être un gros blockbuster plein d’action.

Chiant! Chiant de pas avoir plus accroché. Pourtant d’autres éléments allaient dans le bon sens! Le ton décalé qui a bien été exploité, l’humour noir qui en découle, la bande originale juste parfaite et remplie de bons gros tubes rock qui font leur effet (rien que l’intro sur The Times They Are A-Changing de Bob Dylan pourrait te sauver une scène complètement ratée). Mais ça ne marche pas, trop de fouillis et trop de trop.

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