J’ai beau détester ça, me forcer à contenir mes commentaires sur quelques lignes, mais le manque de temps m’y oblige. Alors voici encore un « movie potpourri (mais pas pourri) » des films que j’ai vus en janvier-février!
A Serious Man - Enfin, je le tiens mon FILM DE L’ANNEE! Il faut aimer les Coen Brothers pour aimer leur dernier petit bébé, mais si c’est le cas, vous aurez affaire à un nouveau chef d’oeuvre. J’ai du mal à comprendre comment A Serious Man a pu manquer toute cette saison à ce point, en étant boudé par la plupart des prix, alors qu’il a gardé tout au long le respect des gens du métier. Heureusement, l’erreur est en partie réparée par cette nomination à l’Oscar du Meilleur Film, qu’il n’a, évidemment, aucune chance de gagner. C’est un film 100% Coen Brothers, et je m’avancerais même à dire qu’il s’agit peut-être de leur film le plus accompli, et celui dans lequel ils se sont le plus impliqués personnellement. Une histoire de juifs, le scénario basique mais ultra complexe à la fois, racontant les mésaventures successives d’un pauvre type qui ne peut rien contre la fatalité de la vie… Brillant! Jouissif! Sombrement drôle! Intelligent, du cinéma réfléchi comme je l’adore! Evidemment, le meilleur scénario de l’année. Mais outre les réalisateurs, c’est aussi une magnifique leçon de cinéma que nous offre
Michael Stuhlbarg, l’acteur principal quasi-inconnu du public mais qui s’élève parmi les plus grands avec cette performance impeccable! Impensable qu’il ne soit pas récompensé, impensable… Et je ne suis pas le seul à le penser, d’où ce mystère de l’année, comment A Serious Man a-t-il pu tellement passer à côté.
Alice In Wonderland - Le nouveau Tim Burton, à la promotion comme d’habitude ultra-poussée, est en train de battre des records! Très attendu surtout pour découvrir la vision qu’allait apporter Burton au grand classique, et évidemment qu’il était fait pour lui. Une super aventure avant tout (je joue bien sur la sonorité des mots je trouve) visuelle, à laquelle la 3D apporte un grand plus… Je vous en parlerai peut-être une autre fois, mais je suis actuellement en grand débat intérieur sur la 3D et le futur du cinéma (rien que ça). Quoi qu’il en soit, j’ai bien aimé ce film, même si j’aurais aimé être encore plus « diverti » par certaines surprises supplémentaires, ou un travail scénaristique plus poussé… J’adore toujours autant Helena Bonham Carter, excellente dans le rôle de la Reine de Coeur et Johnny Depp fait à la perfection le travail qu’on lui demandait, toujours dans un personnage fou, à la voix et la démarche burlesques.
Malgré l’amour qu’on peut lui porter, on peut quand même regretter le fait qu’il ait toujours affaire à des rôles aux similarités évidentes!
District 9 - le dernier des 10 nommés à l’Oscar du Meilleur Film que je devais voir. Je suis pas trop science-fiction ni aliens, donc je me suis forcé à me lancer dans ce film… et j’ai vachement aimé! Pas très surprenant qu’il ait eu autant de soutien des critiques. Une super histoire qui te tient en haleine, sorte de film de science-fiction hybride entre humains et aliens où les rôles s’inversent presque… Encore une superbe performance d’acteur (Sharlto Copley) là où on ne l’attendait pas, des effets spéciaux magnifiques parce qu’ils restent sobres dans le fait qu’ils mélangent habilement humains et extraterrestres sans que ça soit surfait. Vraiment génial!
The Blind Side – Je ne pas en dire trop pour pas balancer d’insultes sur ce site, mais vous connaissez bien mon sentiment de haine vis-à-vis de ce film. J’en parlerai également plus loin, mais tout au long de la saison j’ai assisté impuissant à la montée du buzz de Sandra Bullock en tant que Meilleur Actrice pour l’un de ses nombreux films cuculs. Il y a de quoi avoir la haine. Je me suis donc forcé à voir The Blind Side pour comprendre l’emballement public et (presque) critique, et je n’ai été que peu surpris de découvrir un film non pas haïssable, mais qui reste une sorte de téléfilm de M6 avec plus d’intentions et de budget. Sandra Bullock reste pour moi la même, une actrice pas mauvaise, pas une grande, et qui est cantonnée dans des rôles cuculs américains. Jamais, JAMAIS ça ne mérite un Oscar, pas même une nomination… Avec tout ça, je me suis mis à la détester définitivement. Et il y aura toujours quelque chose qui sonne faux dans l’expression « Sandra Bullock, the Oscar-winning actress« .
Sherlock Holmes – Excellente surprise! Pour un film plutôt « léger », c’est une belle réussite… J’ai été emporté du début à la fin par un scénario bien ficelé qui m’a rappelé les vieux Sherlock Holmes qu’on nous passait en guise de cadeau de Noël au collège haha! Une cinématographie un peu trop travaillée et pesante à mon goût, mais le rythme donné notamment par une bande-originale sublime fait d’une quasi-caricature (assumée, c.f. les acteurs) une oeuvre extrêmement honorable.
Fantastic Mr. Fox – Jackpot! Ladies and gentlemen, voici l’un de mes trois films préférés de l’année. Il s’agit de l’adaptation, par Wes Anderson (Darjeeling Limited, Life Aquatic),
du roman Fantastique Maître Renard écrit dans les années 1970 par Roald Dahl. Et c’est excellent! J’ai été emballé par le côté artisanal de la stop-motion (animation image par image) qui donne un côté brut et réel au film, avec des sons et décors tout aussi artisanaux… C’est drôle, très bien écrit, captivant et vivant – c’est fou comme avec des techniques qui peuvent paraître « vieilles » de nos jours, on arrive encore à créer un nouveau style! Des voix bien castées elles aussi, de George Clooney à Meryl Streep (presque méconnaissable, j’adore!), en passant par Bill Murray, Michael Gambon, Adrien Brody, Owen Wilson, Willem Dafoe… Rien à dire de plus, si ce n’est que c’est vraiment jouissif. Courrez-y! C’est pour les grands.
Nine – C’était totalement attendu, et j’en reparlerai, mais ce film est une grosse rature. Alors qu’avant cette saison il s’annonçait comme l’un des grands favoris, notamment grâce à ce casting 5 étoiles, il s’est complètement vautré, et avec raison! C’est un film sans scénario, qui raconte l’histoire d’un réalisateur qui n’arrive pas… à écrire de scénario. Aucune cohérence, pas de construction, on ne fait que gaver le spectateur d’un maximum de stars en un minimum de répliques. Frustrant et désolant, un gâchis de talent! Malgré mes recherches, je n’ai toujours pas compris pourquoi un tel film dénudé à pu arriver à ce niveau de la compétition, et je ne sais toujours pas si la mort précoce d’un de ses deux scénaristes (le grand réalisateur Anthony Minghella) a quelque chose à voir avec ce résultat ennuyeux. Trois belles performances tout de même: Daniel Day-Lewis, Penelope Cruz, et surtout Marion Cotillard (sans chauvinisme) qui donnent un maximum en peu de scènes… Et deux dernières minutes bien réussies, malgré la grosse déception, même du côté de la bande-originale de cette comédie musicale.
It’s Complicated - La petite comédie grand public qui a su tirer son épingle du jeu! C’était une année spéciale pour moi qui, d’habitude, ne suis pas trop attiré par les comédies romantiques… et pourtant, dans mes films préférés de l’année, j’en ai en tout cas deux. Pourquoi? Parce que j’ai été convaincu du fait que ce genre de films ne correspond pas forcément à de la mauvaise qualité. It’s Complicated est très très bien écrit, des visions très justes et des répliques tueuses, et c’est pas seulement parce que Meryl Streep joue dedans! Même si oui, je l’aime jusqu’au bout des ongles. Voilà, une comédie toute simple à déguster sans honte, cocktail parfait!
The Book Of Eli – Une petite merde sur le chemin. Bon, ce qui a définitivement cassé mon jugement concernant ce film d’action et d’aventure passé quasi-inaperçu, c’est le message qu’il délivre. Parce que bon, c’est pas tant le visuel qui m’a dérangé, même si c’était bien chiant sur la longueur, mais c’est cette façon que ce film a de vouloir insérer discrètement dans l’esprit d’un public diverti par de l’action des idées aussi extrémistes que « les guerres de religions c’est bien pour la planète », ou encore « ma foi en Dieu me permet de tuer tous ceux qui vont à l’encontre de moi ». Aberrant, révoltant! Parce que si vous regardez bien, c’est bien ça la base de l’histoire. Et bien sûr, dans les 30 dernières secondes du film, on nous précise par un mini détail que le christianisme n’est pas la seule religion dans le monde, au cas où on suspecterait les scénaristes d’extrémisme chrétien. A jeter aux oubliettes.
Invictus – Grand film très classique; ça me fait mal aux dents de le dire mais je suis une nouvelle fois déçu par monsieur Clint Eastwood… Il fait un travail extrêmement propre, maîtrisé, mais ça ne casse pas vraiment des briques. C’est la même chose pour Morgan Freeman dans le rôle pour lequel il était destiné: il fait son boulot à la perfection, mais le résultat final ne te fout pas une si grosse claque que ça… C’est dommage et un peu surprenant! Toujours pas emballé par Matt Damon, j’ai toujours une appréhension face à cet acteur. Donc voilà,
le résultat est décevant, pas très motivant, manque de profondeur scénaristique et de direction d’acteurs.
The Hurt Locker – Vous devez sûrement déjà le savoir, il s’agit là du grand film de l’année, le prochain vainqueur des Oscars. J’ai du mal à en parler longuement et j’aimerais bien le revoir, mais j’ai été convaincu! Kathryn Bigelow réalise un superbe film et mérite pleinement ce premier Oscar pour une réalisatrice. C’est haletant, très très bien construit, et ça te fait mal… Brutal et vrai, l’efficacité repose aussi sur le montage qui devrait également être primé! Jeremy Renner est très honorable également, dans un rôle de grand connard héroïque. Vraiment un super film, il ne me restera pas forcément dans la peau à jamais, mais je suis d’autant plus content de le voir gagner, rien que pour le fait qu’il tacle Avatar dans le dos!