Oh, what a night !
D’abord, laissez-moi vous dire que, comme chaque année, votre grand moment est arrivé (tel l’après-coup de mon grand moment à moi): je vais arrêter de vous saouler avec les Oscars et autres cérémonies de récompenses pendant 8 mois au moins. Mais, pour parle plus sérieusement, je crois qu’avec tout ça vous vous serez bien rendu compte que le fait de se plonger dans le monde du cinéma d’une manière plus qu’assidue, c’est un truc qui s’accroche vraiment à mes intestins et ma rate (plus quelques autres tripes)… Je crois même être en mesure de dire que c’est la seule chose que je ressens vraiment comme une passion, au sens le plus beau du terme. Mais mon problème, c’est que je ne peux m’empêcher de vouloir en parler à tout le monde.
So, what did you miss ?
Au menu des gagnants de cette 81e cérémonie des Academy Awards, il est vrai qu’on ne peut vraiment parler d’immense surprise, dans l’ensemble. Le palmarès est allée tellement « comme prévu/pressenti« , que vous aurez remarqué que ma liste de pronostics n’est pas très différente de la liste officielle des gagnants (sur les 24 prix, j’ai fait 5 erreurs… Et figurez-vous que j’ai participé à des concours de pronostics, à suivre donc! he he). Par contre, ça ne doit en rien enlever le prestige et le mérite des gagnants, bien au contraire!
Si Slumdog Millionaire a connu un tel triomphe (8 statuettes sur ses 10 nominations, faut le faire!), c’est parce que ce film le méritait: je m’extasiais devant cette petite perle en décembre dernier, et c’est là que j’ai commencé à en parler autour de moi; on peut se réjouir de pouvoir voir enfin un film « grand public » (et en utilisant ce mot, je lui enlève tout son côté négatif!) remporter la récompense suprême. Ça répond peut-être aussi aux attentes du public qui se distance des Oscars, les films gagnants étant bien souvent des films peu vus par l’ensemble des gens. Mais voilà, Slumdog l’a fait! Ça fait tellement plaisir d’assister à cette victoire!
Un film tellement naturel et humain, et ces gamins !! Haha ils ont réussi à ramener d’Inde tous les gamins qui jouent les personnages de Salim, Jamal et Lathika à différents âges dans le film, c’était excellent! Ils étaient tout excités sur le tapis rouge et ne pouvaient pas s’empêcher de parler à tout le monde! Et lol génial de retrouver les voix, elles sont vachement distinctes et te rappellent tout de suite le film. Donc voilà, ça sera une année pour laquelle je suis pleinement satisfait de l’Oscar du Meilleur Film! Surtout que Slumdog Millionaire n’a volé aucune de ses statuettes: comme je l’avais dit dans ma review, c’est un film extrêmement complet qui excelle dans beaucoup de domaines; d’où la moisson de prix dans de nombreuses catégories.
Pareil pour The Curious Case Of Benjamin Button, il a eu ce qu’il méritait d’avoir, c’est-à-dire quelques Oscars techniques et artistiques, et pas plus. Au total, sur ses 13 nominations, « seulement » (mais encore une fois, c’est pas une surprise et heureusement que c’est comme ça) 3 prix: Meilleurs Maquillages et Meilleurs Effets Spéciaux pour les techniques révolutionnaires qui ont été développées spécialement pour le film, et Meilleurs Décors. Dans l’ensemble, je n’ai pas vraiment de réclamation, si ce n’est en ce qui concerne un Oscar prestigieux, celui du Meilleur Scénario Original, décerné à Dustin Lance Black pour Milk. J’avais aussi prédit cette victoire, mais je ne l’ai jamais souhaitée: je n’ai jamais vraiment accroché à la grandeur de ce scénario, et à mon avis Rachel Getting Married ou Frozen River auraient fait de bien meilleurs gagnants… Mais tant pis, et le discours très touchant de Black a rattrapé le truc! Un discours dont on a beaucoup parlé sur le net.
Autre personne dont le succès n’est en rien entaché par la prévisibilité de sa victoire: Kate Winslet! Même si, comme j’ai déjà eu l’occasion de le dire, Meryl Streep a réalisé incontestablement la meilleure performance de l’année dans Doubt (et je compte bien ne plus adresser la parole à ceux qui n’ont pas vu le film), quel bonheur de voir Kate Winslet enfin décrocher son Oscar !! Parce que c’est moins son rôle dans The Reader (haha et géniale la vanne de Hugh Jackman à propos du fait que personne n’a vu ce film!) qu’une magnifique carrière que les 5800 membres de l’Académie ont voulu récompenser. Ce n’est pas un Lifetime Achievement Award/Honorary Award (décerné cette année au désormais contesté Jerry Lewis, FYI), mais ça en a le goût. Vive Kate Winslet! Et mdr quel discours! He he he peut-être le meilleur moment de la soirée !! Tout aussi touchante que Penélope Cruz plus tôt dans la soirée (« Has anybody ever fainted here? Cause I might be the first one! » ), elle a comparé le petit bonhomme doré à la bouteille de shampooing avec laquelle elle s’exerçait quand elle était petite (!!), et surtout, moment énorme, elle a demandé à son père, présent
dans la salle, de siffler ou de crier pour qu’elle puisse les situer lui et sa mère!! Ha ha ha! Oh et très très belle chose aussi qui m’a fait plaisir: à la fin de son discours, elle remercie ses co-nominées (qu’elle appelle « goddesses » ) et leur dit « I think we all can’t believe we’re in a category with Meryl Streep at all! » hahahaha! Trop trop bon. Ça montre à quel point Meryl Streep fait clairement autorité, elle reste la plus grande actrice du monde, même aux yeux des meilleures actrices! Géant. Vous pourrez découvrir la vidéo à la fin de l’article…
What about real surprises ?
Malgré tout ça, il y a quand même eu deux surprises au palmarès, et pas des moindres. D’abord, dans la catégorie Meilleur Film Etranger, la catégorie réservée à l’israélien Waltz With Bashir qui a tout raflé cette saison (sauf dans certains cas où son concurrent français The Class prenait le dessus), PAF! Sorti de nulle part, voici Departures, du Japon! Incroyable! Personne, mais alors personne ne l’a vu venir. Incompréhension générale, et toujours pas vraiment d’explication à l’heure actuelle. Mais why not hein…
Et enfin, grosse grosse surprise aussi, mais bien plus heureuse celle-ci! SEAN PENN !! Hahaha qu’est-ce que c’est bon! Franchement, j’y croyais pas. C’était pourtant CERTAIN que Mickey Rourke allait l’emporter, on ne parlait que de lui, de son chien mort (!!), du retour du grand Rourke. Mais vraiment. Ce que beaucoup attendaient aussi, c’était son discours! Parce que vu ce qu’il a fait au Golden Globes et aux Spirit Awards… Mais non, c’était sans compter sur Sean Penn! Vraiment, je suis super content pour lui: même si dans l’ensemble Milk ne m’a pas bouleversé le cerveau, Penn était bien le meilleur acteur de l’année. Et ça fait une deuxième statuette pour mon acteur préféré! Wouhou! Et mdr, grand discours là aussi repris par tous les médias, puisque, après une ovation dans la salle et une standing ovation (tout comme c’était le cas lors de la victoire d’Heath Ledger), il s’est adressé à tous par un « You commie, homo-loving sons of bitches », avant d’entamer un grand discours sur la nécessité de lutter pour les droits des homosexuels! (des panneaux anti-gay étaient visibles au début du tapis rouge, avant la cérémonie) Bien joué Mr. Penn, toujours le même!
… and the show ?
Mais ce qui m’a surtout enthousiasmé dans la nuit de dimanche à lundi, c’est la cérémonie elle-même! J’avais vraiment l’impression que c’est la cérémonie qui a volé la vedette aux vedette. Quelle REVOLUTION! Ils ont vraiment voulu frapper un grand coup cette année pour réformer les Oscars en quête de téléspectateurs (eh oui, la crise, la crise! haha), et je dois dire que j’adhère complètement!
Qu’est-ce qu’il y a de neuf, me direz-vous? Et ben mon sentiment principal, c’est que c’était quelque chose de vachement plus humain. Mais tellement !! Il aura fallu attendre 81 ans pour voir
disparaître un show si prestigieux mais tellement fade, froid, et aseptisé! Finies les grandes peurs de bousculer les coutumes frigides de l’Académie, finie l’énorme distance entre ce qu’il se passe sur une scène dont tout est réglé au millimètre près, et le reste, le public. Quels progrès! Ça commence d’abord avec le choix d’Hugh Jackman, certes uniquement pour ameuter le peuple devant la TV (un acteur célèbre et en activité, et qui plaît aux filles – récemment élu homme le plus sexy de l’univers), mais choix judicieux quand même. On voit les efforts qu’il fait. Et ils l’ont utilisé jusqu’au bout! Qui connaissait les talents de chanteurs et de danseur de Hugh Jackman? Mais DINGUE! Une de ces voix!! Les deux grands moments où ont l’a vu, donc, c’est durant la spectaculaire ouverture de la cérémonie, et durant une séquence comédie musicale encore plus spectaculaire.
L’ouverture de la cérémonie, encore une révolution. Bye bye les 20mn de stand up d’un présentateur-comédien qui ne parle que d’actualité et de politique. Jon Stewart avait montré l’année dernière que la formule arrivait à saturation, même si j’aimais plutôt bien ce rituel d’entrée. Mais wow!! Un grand moment, d’abord parlé, puis en chansons et danses (oui, Jackman a fait que ça pendant toute la soirée) pour illustrer les nominés; avec la participation de Anna Hathaway qui se trouvait au premier rang. Ça nous a d’ailleurs permis de constater encore une fois qu’elle aussi a des capacités vocales incroyables! Et c’est là que j’ai vraiment pris conscience d’une rupture: l’orchestre ayant été disposé sur les côtés, les premiers rangs (dans lesquels se trouvaient les nominés des grosses catégories) étaient collés à la scène. D’où un jeu et un contact entre scène et public vachement plus fort! Mine de rien, ça fait son effet.
Et cette séquence comédie musicale! On ne parle que de ça sur le net (vidéo à la fin du post aussi). Un grand (et long: 7 bonnes minutes) délire réglé au détail près, sur le thème « Musicals Are Back! », revisitant toutes les grandes comédies musicales du cinéma, de Chicago à West Side Story, en passant par Moulin Rouge, Hairspray, Mamma Mia, Grease, Singing In The Rain et The Sound Of Music! Epoustouflant! De plus, ils ont réussi à obtenir la participation exceptionnelle de Beyoncé (qui a décidément pris un abonnement aux Oscars depuis quelques années), mais aussi de Zac Efron & Vanessa Hudgens (pour les plus jeunes), et Dominic Cooper & Amanda Seyfried (Mamma Mia!) ! Tout le tableau ayant été orchestré par Baz Luhrmann (Moulin Rouge, Australia). Wow wow wow.
Et toute la soirée c’était comme ça sans interruption. Pour la première fois, la liste des stars venant présenter un prix ou participant à la cérémonie avait été gardée secrète pour créer le suspense (pas sûr que ça soit la bonne tactique, mais bon), et maman qu’il y avait de quoi cacher! On avait l’impression de voir défiler tous les acteurs et actrices du monde. D’autres chouettes moments étaient par exemple la venue de Ben Stiller déguisé en Joaquin Phoenix (vous savez, le Joaquin Phoenix d’aujourd’hui, qui dit avoir quitté le métier d’acteur – 3 ans après avoir été nominé comme Meilleur Acteur – et qui s’est reconverti en rapport, qu’on voit toujours bourré avec une barbe proéminente? Tout le monde dit que c’est du bluff, se fout de sa gueule, et sa belle carrière est définitivement foutue), et une petite séquence vidéo créée par Judd Appatow, montrant James Franco et Seth Rogen (Pineapple Express) en jeunes shootés, fumant de la marijuana et tournant en comédie des films dramatiques! Ohlala l’Académie. Oh et un des mes moments préférés! Hi hi hi le duo entre la femme de l’année, Tina Fey, et le tout aussi hilarant Steve Martin! MDR tellement bien écrit ce petit sketch se foutant de la gueule de l’Eglise de Scientologie, devant un parterre de stars dont quelques-unes adhèrent à cette « religion »… trop bon!
Dans l’ensemble, on a beaucoup ri, des moments touchants aussi, comme lorsque la famille de Heath Ledger est venu chercher le prix posthume (2e fois dans l’histoire de l’Académie). Impressionnant de voir cette émotion dans la salle, ça se voyait sur les visages, même Angelina Jolie avec les larmes aux yeux!
Mais voilà, j’ai surtout beaucoup aimé le naturel de la cérémonie, on a rendu son âme au show. Beaucoup plus de parler libre, et on n’a même pas entendu la salope de musique qui vient couper les gagnants dans leur discours! Truc horrible! Bon, leur objectif de faire durer une cérémonie de 4h30 moins de 3h, il l’ont largement pas réussi. Mais voilà, vachement de réflexion sur ce que les Oscars devraient être, une réelle logique dans le show qui instaure une continuité vachement plus normale, tu te demandes pourquoi c’était pas comme ça avant.
Des moyens énormes ont été mis en oeuvre pour assurer une qualité technique et surtout esthétique! Là aussi, de la logique dans l’esthétique: toute la cérémonie entrait dans un seul et même cadre. On peut ENFIN dire que les Oscars sont la Fête du Cinéma, mais VRAIMENT! On le ressent vachement. Plusieurs magnifiques montages rétrospectifs sur les films sortis cette années, des montages divisés selon le genre (Action, Comédie, Documentaire, Drame, Animation). C’est excellent! Et puis une réhabilitation de certaines catégories, les voilà développées et glorifiées: j’ai vraiment beaucoup apprécié l’effort de ce côté-là, qui consistait à regrouper les catégories selon qu’elles appartiennent à la pré-production ou la post-production du film. De cette manière, on suit aussi une progression dans la cérémonie, et c’est tellement moins stérile de présenter une catégorie comme ça! Le contenu de celle-ci est expliqué et placé dans une logique de continuité. Du coup, on prête une plus grande importance à des catégories comme Meilleurs Costumes ou Meilleur Montage,
longtemps laissées de côté! Et aussi on perd moins de temps inutilement, puisque on désigne les vainqueurs de ces catégories les uns après les autres, sans changer de stars pour la présentation, etc…
Et aussi, pour ce qui est des grandes catégories acteurs/actrices, pareil, belle révolution! Quand je parlais d’humanité… Pour ces 4 catégories, on a pu voir à chaque fois un mini-montage de certaines réactions d’anciens gagnants de la catégorie en question, avant que n’apparaissent sur scène 5
de ces oscarisés, chacun disant quelques mots de présentation sur la performance des nominés. Alors d’accord, parfois ça avait pas l’air naturel, mais c’est tellement mieux de voir des mots échangés entre grands acteurs directement que de stériles extraits vidéos !! J’ai adoré. Et puis ça nous a permis de voir de grands noms débarquer! Nicole Kidman, Sofia Loren, Michael Douglas, Anthony Hopkins, Halle Berry, Whoopi Goldberg (!!), et notre jeune et jolie Marion Cotillard… qui a remis le prix à Kate Winslet… he he! Vraiment une très belle idée.
Voilà voilà, quelques-uns des résultats d’une recherche de rénovation pour une cérémonie qui en avait grandement besoin. Au final, un show extraordinaire qui m’a fait passer, comme toujours, une excellente/excitante/jouissante nuit! Qu’est-ce que j’aime ça, mais qu’est-ce que j’aime ça… Je ne sais pas si toutes les nouveautés instaurées cette année peuvent être mises en place chaque année (certaines ne tiendraient pas la route), mais en tout cas merci aux organisateurs de tous ces efforts! Et…
Vive le cinéma! Vive les Oscars!



